Agir sur les déplacements : le choix de la mobilité douce pour un échange en Finlande
Manon Borie
Programme Grande École
Dans le cadre de son plan climat, emlyon business school agit pour réduire l’empreinte carbone liée à la mobilité internationale. Parmi les dispositifs déployés : le chèque mobilité douce, une aide financière destinée à encourager les étudiants à privilégier des moyens de transport bas carbone pour rejoindre leur lieu d’échange académique.
Étudiante du Programme Grande École, Manon Borie revient sur son expérience de voyage jusqu’à la Finlande.
Pourquoi avez-vous opté pour la Finlande ?
Manon Borie, étudiante en 4e année du PGE : Le semestre dernier, je suis partie en échange académique. Au départ, je ne pensais pas particulièrement aux pays nordiques. En lisant les rapports d'expérience des autres étudiants, j'ai compris que ces pays hébergeaient une véritable communauté Erasmus, avec beaucoup d'évènements organisés pour les étrangers. Cela m'a plu car c'était l’un de mes critères de choix de destination. J'ai donc mis plusieurs universités nordiques dans mes vœux et j'ai été acceptée en Finlande.
Pourquoi faire le trajet en train et ferry plutôt qu’en avion ? Quel rôle a joué le chèque mobilité douce ?
J’avais déjà effectué des déplacements en mobilité douce, notamment lors de mon engagement au NOISE emlyon. J’étais responsable d’une mission de microfinance au Maroc, et notre mandat souhaitant réduire son empreinte carbone, je m’y suis rendue sans avion. La même année, également motivée par des valeurs écologiques, je suis allée à Prague en bus.
Ayant le temps et l’envie, j'ai souhaité reconduire l'expérience pour mon échange. Mais, malgré la motivation, l'aspect financier a été un vrai sujet. Les trajets bas carbone coûtent très cher et cela a failli être un frein. Puisque l'expérience me tenait à cœur, j'aurais sans doute fait l'aller en train, mais je n'aurais pas pu faire le voyage complet sans le chèque mobilité douce de l’École.
Racontez-nous votre voyage : les étapes, les moments marquants, les difficultés…
Mon itinéraire était le même pour l'aller et le retour. Je suis partie de Saint-Étienne pour rejoindre Paris, puis Cologne, Hambourg, Copenhague, ensuite Göteborg et Stockholm, avant de prendre un ferry de nuit pour Turku, ma ville d’échange. J’ai aussi profité de certaines étapes pour faire des haltes, comme à Paris et Copenhague.
Au-delà des villes traversées, ce sont surtout les paysages qui m’ont marquée : voir l’architecture évoluer, puis traverser les forêts et lacs suédois. On prend vraiment conscience des territoires traversés et des environnements qui changent.
Le voyage a aussi comporté des difficultés : s’adapter aux systèmes ferroviaires étrangers, des trains retardés ou un annulé, et transporter plusieurs mois de bagages pendant trois jours. Les correspondances courtes et les hôtels sans ascenseur rendaient certains passages complexes. Malgré tout, si c'était à refaire, je referais le même choix. Ce n’est pas la solution de facilité, mais cela transforme un trajet en véritable aventure.
Comment avez-vous organisé ce voyage ?
J’utilise des plateformes comme Hourrail ou Mollow, pour des idées de voyage bas carbone, ainsi que Rome2Rio qui propose des itinéraires terrestres et renvoie vers les sites des compagnies ferroviaires locales.
Une fois mon itinéraire validé, je choisis mes trains. J'élabore plusieurs scénarios : j'ajuste la date de départ et la ville où dormir pour comparer les meilleurs tarifs. Je m'assure d'avoir assez de temps entre mes correspondances pour anticiper les imprévus. Cela prend généralement quelques jours car je me laisse le temps d'assimiler toutes ces informations et d'y réfléchir. Il y a beaucoup d'éléments à prendre en compte et une erreur est vite arrivée.
Quand je suis sûre de ma route, je réserve tout le même jour. Tous les trains étant choisis en fonction des autres, je ne prends pas le risque que l'un d’eux soit complet.
Puisque j'ai choisi de prendre mon temps, il s'est passé une semaine entre ma première recherche et les réservations. J'ai réservé deux mois à l'avance et j'aurais dû m'y prendre plus tôt car les prix avaient fortement augmenté.
Qu’est-ce que cette expérience a changé dans votre manière de voyager ?
Mes déplacements bas carbone ont déconstruit ma vision du voyage. Sauter le pas de la mobilité douce démystifie ce type de voyages et les rend envisageables. Avant, je regardais uniquement les billets d'avion car comme beaucoup de personnes, je ne voulais pas y renoncer.
Je considère désormais toujours la mobilité douce dans mes voyages car elle s'est parfois montrée tout aussi efficace. Par exemple, pour mon voyage à Prague, avec les correspondances d'avion, le bus était moins cher et à peine plus long. Et si je dois vraiment prendre l'avion, je privilégie les vols directs, quitte à prendre le train vers un autre aéroport. Ce qui économise un vol et ne rallonge pas nécessairement le trajet.
La mobilité douce, ce n’est pas toujours traverser l'Europe en train. Elle peut passer par des initiatives à plus petite échelle. Lorsque l’on se renseigne, les alternatives terrestres ne sont pas toujours longues ni chères.
Que dites-vous à celles et ceux qui hésitent à tenter un long trajet en mobilité douce ?
Ça ne sera pas toujours le plus confortable ou agréable sur le moment, mais c’est une décision qu’on ne regrette pas. Il y a aussi des bons côtés : si le budget le permet, c’est l’occasion de découvrir d’autres pays sur le trajet.
Ce qui peut faire hésiter, c'est de se rendre compte qu'à l'échelle individuelle, économiser un ou deux vols a très peu d'impact. Mais on ne regrette jamais une bonne action et il faut garder en tête que nos actions influencent celles des autres. Ma décision d'aller à Prague sans avion a été en partie influencée par l’amie que je rejoignais, partie en bus. A l'inverse, une amie m'a confiée que mes voyages l'avaient inspirée à faire son premier voyage bas carbone jusqu'à Vienne.
Le trajet bas carbone, si on peut le financer, peut présenter une super opportunité de voyage. Le chèque mobilité d’emlyon est l’occasion de sauter le pas lors de l’échange académique.
Le chèque mobilité douce : un levier pour des échanges académiques plus responsables
Mis en place par emlyon business school, le chèque mobilité douce soutient financièrement les étudiantes et étudiants du Programme Grande École et du BBA qui effectuent un échange académique en privilégiant des modes de transport bas carbone (train, bus, covoiturage, bateau). Cette aide est cumulable avec la bourse Erasmus+. Le montant accordé dépend de la distance parcourue pour un trajet, pour soutenir les parcours les plus longs.
À travers ce dispositif, emlyon encourage des mobilités internationales plus sobres et accompagne l’évolution des pratiques de déplacement, en cohérence avec ses engagements en faveur de la transition écologique.
Sur le même sujet : lire le témoignage de Mathéo sur son voyage retour de Prague en vélo.