OCE – Notre expertise
VEUS RAVAL
Depuis 2012, Guillaume Dumont et Rafael Clua García (UManresa) ont lancé VEUS RAVAL, un projet ethnographique de cinq ans consacré au marché des stupéfiants à Barcelone. Son objectif principal est d’étudier ce marché dans ses relations avec les politiques de santé, de maintien de l’ordre, urbaines et sociales. Plus précisément, le projet analyse le phénomène des « narcopisos », c’est‑à‑dire l’occupation illégitime de logements publics ou privés par des organisations criminelles, utilisés pour vendre et consommer des drogues sur place.
Le projet problématise les narcopisos comme une réponse organisationnelle illégale, dynamique et évolutive, à l’intensification de la répression en matière de drogues, à la pression des communautés locales, aux limites des politiques de réduction des risques et à la vulnérabilité structurelle.
VEUS RAVAL se distingue par son caractère innovant et apporte des contributions théoriques et méthodologiques issues d’une perspective interdisciplinaire (anthropologie, études organisationnelles, épidémiologie, criminologie). Il propose un nouvel éclairage sur l’organisation de l’usage et du trafic de drogues en les abordant comme le produit d’actions collectives, dépassant ainsi l’approche dominante centrée uniquement sur les personnes usagères de drogues (PWUD). Le projet analyse les réseaux de collaboration entre les différents acteurs impliqués et les conventions qui structurent leurs interactions, incluant les usagers, les trafiquants de cocaïne, crack, héroïne et méthamphétamine, les forces de police, les professionnels de la réduction des risques, les habitants, les militants, les leaders communautaires et les responsables politiques.
VEUS RAVAL contribue au développement de nouvelles connaissances sur plusieurs problématiques sociales majeures :
(1) la gentrification et les transformations urbaines ;
(2) les politiques de lutte contre les drogues ;
(3) les politiques de réduction des risques ;
(4) les mouvements sociaux et l’activisme ;
(5) la vulnérabilité structurelle intersectionnelle.
Visa required
Ce projet de recherche porté par Farida Souiah se concentre sur les politiques de visas et sur la manière dont les individus et les groupes sociaux en Algérie y font face. Il s’articule autour de trois axes principaux :
Axe 1 :
Ce premier axe, ancré dans la sociologie des relations internationales, vise à approfondir les questions initialement explorées dans la thèse doctorale, à partir du contexte algérien. Il aborde la mobilité et les migrations comme des enjeux diplomatiques et politiques. L’analyse porte sur la manière dont les politiques de visas sont négociées et mises en œuvre dans un contexte postcolonial, en interrogeant la capacité des États dont les ressortissants font face à des contraintes de mobilité à contester ces limitations.
Axe 2 :
Le deuxième axe examine la manière dont les individus et les groupes sociaux expérimentent et interprètent les contraintes de mobilité. Il s’intéresse aux représentations, aux sensations et aux émotions des personnes prises dans ce système de mobilité. Les frontières y sont conceptualisées comme des épreuves administratives, parfois insurmontables. Cette approche s’appuie notamment sur les travaux de Stef Jansen, en particulier sur la notion de « confinement humiliant produit par les exigences documentaires » et sur son anthropologie de la géopolitique du quotidien.
Axis 3 :
Le troisième axe porte sur l’économie de l’(im)mobilité internationale, en analysant les organisations économiques licites et illicites qui interviennent dans le processus de demande de visa.
Rapsodia
Lisa Buchter participe depuis 2020 au projet collaboratif de recherche‑action participative RAPSoDIÂ (Recherche Action Participative, Solidarité et Innovation dans l’Âge).
Ce projet de recherche‑action participative a été co‑construit par des chercheur·euses issu·es de différentes disciplines (sociologie, géographie, urbanisme, gestion, etc.) ainsi que par des militant·es du collectif Hal’Âge, une association française réunissant activistes et chercheur·euses afin d’explorer des solutions permettant de favoriser l’innovation liée au vieillissement et de renforcer la solidarité à travers des formes d’habitat collectif.
Le projet a étudié la manière dont différentes formes d’habitat collectif (coopératives d’habitation, habitat participatif, colocations entre seniors, etc.) contribuent à renforcer la solidarité et à développer des formes d’interdépendance entre voisin·es, dans six villes en France ainsi qu’en Belgique, en Allemagne et au Royaume‑Uni.
Le projet entre actuellement dans sa phase finale (rapport final) et donnera lieu à des publications conjointes dans les années à venir. Lisa a déjà engagé un travail avec des militant·es dans différents espaces, notamment dans la revue académique Nouvelles Questions Féministes :
Buchter, L., Guinchard, M., & Le Roux, A. (2022). Remettre les vieilles de la marge au centre avec une recherche participative. Nouvelles Questions Féministes, 41(1), 83–99.
Back on the ground
Cette recherche, menée par David Courpasson depuis février 2023, repose sur des entretiens avec des pilotes de chasse et divers personnels de bases militaires, ainsi que sur des observations de terrain.
L’intelligence artificielle et d’autres technologies d’assistance électronique ont profondément transformé le travail des pilotes de chasse, ainsi que leur rapport au danger et à leur machine. Comment l’identité des pilotes évolue‑t‑elle, alors que ces derniers étaient autrefois magnifiés et glorifiés, et qu’ils font aujourd’hui face à une redéfinition des « vertus guerrières » ainsi qu’à une réduction des budgets alloués à la formation ?
Qu’en est‑il des pratiques de coordination dans des équipes fondées sur une exigence de perfection ? Qu’en est‑il des rites de convivialité au sein des escadrons ? Comment les nouvelles générations de pilotes perçoivent‑elles leur métier et leur avenir ? Y aura‑t‑il encore un pilote dans l’avion dans vingt ans, ou les drones prendront‑ils le relais pour les missions de combat et de surveillance ?
Cette recherche vise à comprendre comment les professionnels de la guerre adaptent leurs pratiques de travail, à la fois collectives et individuelles, ainsi que leur rapport au corps, au risque et à la mort, dans un contexte où la guerre conventionnelle et la « guerre à distance » électronique coexistent et entrent en tension dans les décisions stratégiques des États.
Organising climate action
Ce projet de six mois (janvier à juin 2022), dirigé par Valérie Arnhold et financé par le Haut Conseil pour le Climat, s’intéresse au processus d’élaboration du plan français de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC).
L’action climatique représente un défi majeur pour le gouvernement français : réduire les émissions afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 implique des transformations profondes dans de nombreux secteurs (énergie, agriculture, foresterie, déchets, industrie, transport). Cela soulève la question des instruments de politique publique et des modes d’organisation mis en place pour atteindre ces objectifs de réduction drastiques.
Les politiques de neutralité carbone nécessitent également une coordination entre différents acteurs publics (ministères, collectivités territoriales) et privés (secteurs agricole, industriel et énergétique), autour d’un objectif qui remet souvent en cause les pratiques existantes et exige des changements structurels.
Ce projet examine les conditions organisationnelles dans lesquelles se construit la planification de l’atténuation climatique : quelles formes de coopération intersectorielle existent entre les acteurs publics, notamment entre les ministères impliqués dans l’élaboration de la stratégie ? Comment organiser une mobilisation massive autour de l’action climatique ?
L’étude repose sur une approche qualitative, fondée sur des entretiens avec les participants à la stratégie de neutralité carbone et différents acteurs concernés, ainsi que sur l’observation directe de réunions de coordination et de concertation. Elle met l’accent sur les rapports de pouvoir qui se structurent autour de l’élaboration de la stratégie nationale, ainsi que sur les leviers d’action de l’État dans le domaine climatique.