Antoine, cofondateur de Flow Exam, plateforme de plateforme de préparation au TOEIC
Antoine
Programme Grande École
Antoine, diplômé du PGE d’emlyon business school, a cofondé Flow Exam après avoir constaté les limites des méthodes traditionnelles de préparation au TOEIC. La plateforme analyse chaque réponse, identifie avec précision les points faibles de l’apprenant et élabore un parcours d’apprentissage personnalisé, adapté à son objectif de score et au temps dont il dispose pour étudier.
Quel est votre parcours académique et professionnel ?
J'ai grandi dans l'ouest de la France. Après le bac, j'ai étudié à l'université Paris-Panthéon-Assas, où j'ai commencé à donner des cours particuliers d'anglais à d'autres étudiants, puis j'ai intégré le Programme Grande École d'emlyon par la voie des admissions parallèles (AST). C'est à cette période qu'un voyage à San Francisco, où j'ai rencontré des entrepreneurs de mon âge aux ambitions incroyables, m'a donné envie de voir plus grand.
J'ai ensuite travaillé dans la tech : j'aidais des entreprises de logiciels à trouver de nouveaux clients de façon automatisée avec l'IA. J'ai travaillé pour plus de 50 entreprises (SaaS B2B), dont des licornes françaises comme Pennylane et Spendesk. Puis j'ai cofondé Flow Exam et nous avons développé la plateforme avec une équipe d'ingénieurs basée à San Francisco. Elle a été lancée officiellement le 19 janvier 2026.
J'ai toujours aimé créer des projets. Très tôt, vers 14 ans, je passais mes soirées à apprendre seul des logiciels comme Illustrator ou le montage vidéo, juste pour le plaisir de fabriquer quelque chose. Ensuite, il y a eu trois étapes marquantes. La première, ce sont mes projets pendant mes études. J'ai toujours eu quelque chose en cours à côté des cours, et c'est là que j'ai appris l'essentiel : trouver un premier client, se faire payer, se tromper et recommencer. Le plus sérieux de ces projets, c'était des cours particuliers d'anglais que je donnais à d'autres étudiants. La deuxième, c'est un voyage à San Francisco. J'étais allé rendre visite à un ami qui étudiait dans l'une des plus grandes universités du monde, et j'y ai rencontré des entrepreneurs de 19 ans avec des ambitions incroyables. Ils parlaient de leurs projets comme si tout était possible, et surtout ils les faisaient. À cette période, je donnais mes cours à quelques élèves. Je suis rentré en me disant que je tenais quelque chose qui marchait et qu'il fallait le faire passer à une autre échelle. La troisième, c'est mon expérience dans la tech : en aidant plus de 50 entreprises à trouver de nouveaux clients, j'ai vu de près comment des boîtes en pleine croissance se développent, et ça m'a donné les outils et l’envie de le faire à mon tour.
Ce qui me guide depuis le début, c'est l'envie de me dépasser et de toujours apprendre quelque chose de nouveau.
Et j'ai compris assez tôt que la façon la plus rapide d'apprendre, c'est de rencontrer des gens qui ont déjà fait ce que vous voulez faire. À emlyon, j'en ai fait une habitude : pendant un an, j'ai passé trois à quatre appels par semaine avec des alumni de l'école, surtout des entrepreneurs.
Je leur demandais comment ils avaient démarré, ce qu'ils referaient autrement, ce qu'ils auraient aimé savoir à mon âge. Presque tous ont pris le temps de me répondre. Ces dizaines de conversations m'ont plus appris que n'importe quel livre sur l'entrepreneuriat, et elles m'ont surtout montré que monter une boîte n'avait rien d'inaccessible : c'étaient des gens passés par les mêmes amphis que moi, quelques années plus tôt.
Mon choix d'orientation s'est fait là, au fil de ces appels. Je ne me suis plus demandé si j'allais entreprendre, mais quand.
Mon expérience dans la tech m'a appris l'essentiel de ce que je sais sur la façon de trouver des clients. Mon travail consistait à construire des systèmes de prospection automatisés à grande échelle pour des logiciels. Je devais identifier les bons interlocuteurs parmi des dizaines de milliers d'entreprises, leur envoyer le bon message au bon moment, et transformer tout ça en rendez-vous qualifiés pour les équipes de vente.
Derrière, il y a beaucoup de données, d'outils connectés entre eux et de tests permanents : on lance une séquence, on mesure les résultats, on ajuste, on recommence.
Le faire pour plus de 50 entreprises m'a aussi montré ce qui distingue celles qui avancent vite des autres : une somme de petites décisions très concrètes, prises vite. Et c'est cette logique d'automatisation et de mesure que j'ai ensuite appliquée à Flow Exam, côté produit comme côté acquisition.
De chaque étape, j'ai gardé une leçon. À 14 ans, en apprenant Illustrator et le montage vidéo avec des tutoriels, j'ai compris que la curiosité est un moteur incroyable : quand un sujet vous passionne, on trouve toujours le moyen d'avancer. C'est ce qui fait que je n'ai jamais eu peur de me lancer dans un domaine que je ne connaissais pas. À San Francisco, ce qui m'a marqué, ce n'est pas le niveau des gens que j'ai rencontrés, c'est leur âge. Ils avaient 19 ans, pas plus d'expérience que moi, et ils ne se demandaient pas s'ils étaient légitimes. J'ai compris que ce qui me séparait d'eux, ce n'était pas le talent, c'était la permission que je ne me donnais pas. De mes appels avec les alumni d'emlyon, j'ai retenu que les gens sont bien plus accessibles qu'on ne le croit : il suffit d'un message sincère et d'une vraie question, et presque personne ne dit non. Et de mes années dans la tech, que les entreprises qui réussissent ne sont pas celles qui ont la meilleure idée, mais celles qui exécutent vite et corrigent sans ego. Ce que j'ai appris en cours m'a donné les bases, et ces expériences m'ont appris à m'en servir. L'un ne va pas sans l'autre.
Pourquoi avoir fondé Flow Exam ?
Il y a un paradoxe que peu de gens connaissent en dehors des écoles : en France, on peut réussir cinq ans d'études, valider tous ses examens, décrocher son premier CDI, et ne pas recevoir son diplôme. À cause d'un test d'anglais de deux heures. Chaque année, des dizaines de milliers d'étudiants se retrouvent à quelques points du score exigé, parfois après deux ou trois tentatives.
Et puis il y a l'autre versant, celui que j'ai vécu : les admissions parallèles. Quand on vise une grande école de commerce en AST, avoir un bon score ne suffit pas. Pour vraiment se démarquer, il faut dépasser 950 sur 990. C'est là que j'ai découvert quelque chose que personne ne m'avait expliqué : passer de 500 à 800, c'est beaucoup plus simple que de passer de 800 à 950, alors qu'il y a deux fois moins de points à gagner. Au début, tout fait progresser. Mais autour de 750-800, on arrive sur un plateau. Faire plus d'exercices ne sert plus à rien. Les derniers points se cachent dans quelques erreurs très précises, toujours les mêmes, et la seule façon d'avancer, c'est de les traquer une par une.
Le problème, c'est qu'à ce moment-là, la plupart des étudiants n'ont aucune trace de leurs erreurs. Ils ont fait des centaines de questions, regardé leur score, et tout jeté. Ils ne savent pas sur quoi ils sont faibles, parce que personne ne l'a mesuré depuis le début. Et les outils du marché ne les aident pas : depuis vingt ans, ils proposent du volume, les mêmes questions pour tout le monde, et un score à la fin. C'est un peu comme un médecin qui prescrirait le même traitement à tous ses patients sans jamais poser de diagnostic. C'est exactement ce manque qu'on a voulu combler : suivre chaque erreur dès la première question, pour savoir précisément où aller grappiller les points qui manquent, qu'on vise 785 ou 950.
En donnant des cours particuliers au début, j'ai remarqué quelque chose de simple : aucun de mes élèves ne bloquait au même endroit. L'un perdait tous ses points à l'écoute, l'autre lisait trop lentement, un troisième faisait toujours les mêmes erreurs sur les adverbes et les pronoms sans s'en rendre compte. Chacun avait ses deux ou trois points faibles bien à lui, et dès qu'on travaillait dessus, le score montait vite. En creusant, c'était souvent très précis : un certain type de prépositions, les mots de liaison, une partie particulière de l'épreuve d'écoute. Le problème, c'est qu'aucun outil ne les repérait : il fallait un professeur particulier à côté pour faire ce diagnostic à la main.
Le déclic, c'est le jour où j'ai réalisé que je refaisais exactement le même travail avec chaque élève : lister ses erreurs, les regrouper par thème, lui préparer des exercices ciblés. Ce que je faisais avec un tableau et beaucoup de patience, une plateforme bien conçue pouvait le faire pour des milliers de personnes. Adapter l'apprentissage à chacun, mais à grande échelle.
Je l'ai vécu moi-même. J'ai enchaîné les tests blancs sans progresser, avec la pression du diplôme qui approchait, et ce vieux réflexe du lycée qui revenait : me dire que je n'étais simplement pas fait pour ça. Ce qui m'a débloqué, ce n'est pas d'en faire plus, c'est de comprendre précisément où je perdais mes points. Flow Exam, c'est l'outil que j'aurais voulu avoir à ce moment-là.
Parlez-nous de Flow Exam, la plateforme de préparation au TOEIC
Flow Exam est une plateforme en ligne de préparation au TOEIC, conçue en France et développée à San Francisco.
Le produit vient du terrain : avant d'écrire la moindre ligne de code, nous avons donné plus de 3 ans de cours particuliers à environ 500 étudiants. C'est là que nous avons compris où les étudiants bloquent vraiment, et ce qui les fait progresser.
Nous nous sommes ensuite entourés de professeurs agrégés qui enseignent le TOEIC depuis plus de 20 ans, et nous avons construit la pédagogie avec eux pour qu'elle soit la plus efficace possible.
Enfin, nous avons développé la plateforme avec des ingénieurs basés à San Francisco, en traitant l'éducation, et en particulier la préparation au TOEIC, comme un vrai produit tech : on part des données, on améliore le produit chaque semaine, on mesure ce qui fait vraiment progresser les étudiants. C'est ce qui nous permet d'analyser chaque réponse et d'adapter le parcours de chaque étudiant en temps réel, sur un marché où les outils n'avaient pas bougé depuis vingt ans.
Flow Exam répond à un besoin simple : atteindre le score TOEIC exigé, dans le temps dont on dispose.
La plupart des étudiants ont une échéance (un diplôme, une admission, une alternance) et pas des mois devant eux. Ils n'ont pas besoin de « faire de l'anglais », ils ont besoin de savoir exactement quoi travailler pour gagner leurs points.
Le problème, c'est que les plateformes d'e-learning ne sont pas vraiment adaptatives : elles se disent personnalisées, mais tout le monde finit par faire à peu près les mêmes exercices dans le même ordre. Nous avons passé plus de 10 mois à développer notre propre algorithme avec notre équipe à San Francisco pour obtenir une approche beaucoup plus fine : il analyse chaque réponse, identifie les faiblesses précises de l'étudiant et adapte en continu ce qu'il doit travailler ensuite.
D'abord les étudiants qui doivent valider un score : écoles de commerce, écoles d'ingénieurs, universités, alternants. Et de plus en plus les établissements eux-mêmes, qui équipent leurs promotions et ont besoin de suivre la progression de leurs étudiants.
Pour se préparer au TOEIC en ligne, la plupart des étudiants font la même chose : ils enchaînent des tests d'entraînement en espérant que leur score monte. Notre différence, c'est que deux étudiants n'ont jamais la même préparation. Imaginez un professeur particulier qui connaît exactement vos points faibles et ne vous fait travailler que ceux-là : c'est ce que fait Flow Exam, pour chaque étudiant. Concrètement, là où la plupart des outils rangent les erreurs dans de grandes cases comme « grammaire » ou « compréhension orale », notre algorithme classe chaque question dans plus de 200 thèmes très fins : adverbes, prépositions, temps verbaux, mots de liaison, etc. La plateforme repère les vraies faiblesses de chaque étudiant et construit un parcours personnalisé selon le temps qu'il a chaque semaine. On y ajoute des flashcards en répétition espacée pour le vocabulaire, et des corrections détaillées qui expliquent le raisonnement derrière chaque réponse, pas seulement la bonne lettre. Pour les écoles, un responsable pédagogique voit quels points précis posent problème à sa promotion et peut adapter ses cours, au lieu de découvrir les résultats le jour de l'examen.
La page d'accueil de l'étudiant : son score TOEIC estimé, son objectif, la date de son examen et son niveau sur chacune des sept parties. Il sait toujours où il en est et quoi travailler aujourd'hui, entre astuces, entraînement par partie, tests blancs et flashcards.
Le cœur de Flow Exam. Pour chaque partie du test, le niveau de l'étudiant est détaillé thème par thème (adverbes, prépositions, temps du passé, conditionnel, etc.). En rouge les thèmes à travailler, en bleu ceux qui sont acquis, et un bouton pour lancer un entraînement ciblé sur ses faiblesses.
Chaque question est corrigée comme le ferait un professeur particulier. La plateforme pointe l'indice qui devait mettre sur la voie, puis reprend chaque mauvaise réponse une par une, avec un exemple de phrase où elle aurait été correcte.
L'étudiant peut déplier le raisonnement complet : le processus de réponse étape par étape, comme un professeur particulier le ferait.
Moins d'un an après son lancement, Flow Exam est déjà utilisée par des étudiants partout en France, et des établissements d'enseignement supérieur, dont des écoles de commerce, nous ont fait confiance pour équiper leurs promotions dès cette rentrée. Notre ambition est claire : devenir la référence de la préparation au TOEIC en France, dans les écoles de commerce comme dans les écoles d'ingénieurs. On est aussi déjà bien implantés à l’international, et on va poursuivre cette expansion.
Pourquoi avoir choisi le PGE d'emlyon et comment le programme a-t-il nourri votre parcours entrepreneurial ?
J'ai choisi emlyon pour une raison simple : je voulais monter une entreprise, et c'est l'école où ça me semblait le plus naturel.
Quand je regardais les écoles, beaucoup parlaient d'entrepreneuriat dans leur plaquette. À emlyon, j'ai surtout vu des gens qui le faisaient vraiment : des étudiants qui lançaient leur projet pendant leurs études, un incubateur, un makers' lab, et des alumni fondateurs un peu partout dans la tech française.
Je ne cherchais pas un diplôme pour ensuite me poser la question de quoi faire. Je cherchais un endroit où avoir un projet à côté des cours n'est pas vu comme une distraction, mais comme une bonne raison d'être là.
Deux choses surtout. Un cadre d'abord : à emlyon, monter une boîte pendant ses études est pris au sérieux. On peut en parler à ses profs, confronter son projet en cours, croiser d'autres étudiants qui lancent le leur, et ça change tout de ne pas avancer seul dans son coin.
Le réseau ensuite : les alumni emlyon sont partout dans l'écosystème startup, et beaucoup de portes se sont ouvertes avec un simple message commençant par « je suis aussi passé par emlyon ».
Un cours comme Prototype at the makers' lab, où l'on prototype un produit sur Figma avant de le confronter vite à des utilisateurs, correspond exactement à la façon dont on travaille chez Flow Exam : on teste petit, on regarde les chiffres, on corrige. C'est aussi une pédagogie dans laquelle je me suis enfin reconnu : on apprend en faisant, pas en récitant.
Quel serait votre conseil pour se lancer dans l'entrepreneuriat ?
Le premier, c'est que les meilleures idées sont souvent des problèmes qu'on a vécus soi-même. Je n'ai pas trouvé Flow Exam en cherchant une idée de startup, je l'ai trouvé en bloquant moi-même sur le TOEIC, puis en aidant des amis à s'en sortir. Quand on a vécu le problème, on connaît ses clients sans avoir besoin de les imaginer. Le deuxième, c'est l'importance du co-fondateur. Avec mon ami et associé, on est très complémentaires, et quand l'un a un coup de mou, l'autre tire. Seul, je n'aurais pas tenu le même rythme.
Que tout prend beaucoup plus de temps que prévu, et que c'est normal. Quand on a commencé à développer notre algorithme, je pensais que ce serait l'affaire de quelques semaines. Il nous a fallu plus de dix mois pour arriver à quelque chose dont on était vraiment fiers. Sur le moment, c'est frustrant, on a l'impression de ne pas avancer pendant que d'autres sortent des produits tous les mois. Avec le recul, c'est justement ce temps passé sur un seul problème, très précis, qui fait notre différence aujourd'hui. J'aurais aimé qu'on me dise plus tôt qu'il vaut mieux faire une seule chose vraiment bien que dix choses à moitié, et que la patience fait partie du métier autant que la vitesse.
L'entrepreneuriat ne demande pas d'avoir été premier de la classe, il demande d'apprendre vite, à sa façon, et de recommencer autant de fois qu'il le faut. Alors commencez petit, mais commencez maintenant, pendant vos études : c'est le moment où le risque est le plus faible et où l'école vous laisse le plus de marge pour essayer. Vendez avant de construire, parlez à vos utilisateurs toutes les semaines, et choisissez bien votre associé. Tout le reste s'apprend en route.