Intelligence artificielle : comment les étudiants du Global BBA d’emlyon apprennent à l’utiliser avec esprit critique
Dans les business schools comme dans les entreprises, l’intelligence artificielle s’impose comme un nouvel outil de travail. Au sein du Global BBA d’emlyon business school, l’enjeu n’est pas seulement d’apprendre à utiliser l’IA générative, mais de développer un regard critique et éthique sur ces technologies. Cours de prompting, projets concrets et réflexion éthique : les étudiants apprennent à intégrer l’IA dans leur travail sans renoncer à leur capacité d’analyse.
« Maitriser l’IA générative c’est bien. Mais savoir quoi en faire, c’est mieux ». Martine Ferry, directrice du programme Global BBA d’emlyon business school pose immédiatement le cadre : l’intelligence artificielle est partout. Les étudiants ont déjà évolué avec ces technologies. Rédaction, recherches, traduction mais aussi confidences ou conseils personnels, chaque jour ils font appel aux LLM pour des sujets professionnels et personnels. La question n’est donc plus de savoir s’il faut utiliser l’IA mais d’apprendre à utiliser avec discernement des outils comme ChatGPT, Claude, Gemini ou Perplexity pour en faire un atout au service de la gestion de problématiques internationales toujours plus complexes.
Apprendre à dialoguer avec l’IA
Ainsi, dès la première année du Global BBA d’emlyon business school, les étudiants suivent un module consacré à l’intelligence artificielle générative et au prompting responsable (animé par Le Wagon). Pendant plusieurs semaines, ils apprennent à formuler des requêtes efficaces, à analyser les réponses produites par les outils d’IA et à identifier leurs limites.
Cette formation s’appuie sur des modules interactifs mêlant vidéos, quiz et exercices pratiques. Elle permet aux étudiants de comprendre les mécanismes derrière les outils qu’ils utilisent au quotidien. L’objectif est aussi de développer une forme de vigilance pour repérer, par exemple, les hallucinations de l’IA, vérifier les sources et s’interroger sur les biais possibles dans les réponses générées.
Au fil des apprentissages, ils évoluent dans leur pratique. A l’image d’Emma Poirier, étudiante en première année du Global BBA : « Au lycée, je l’utilisais surtout pour rédiger ou reformuler des textes. Aujourd’hui, je m’en sers plutôt pour trouver des idées ou vérifier certaines informations. » Dans ses projets académiques, la jeune professionnelle se sert de l’IA comme d’un point de départ. « Par exemple, pour un projet de prototypage, je peux lui demander de générer des pistes ou des modèles pour m’inspirer. Cela permet d’avoir rapidement des idées. »
Emma utilise différents outils comme ChatGPT, Gemini ou Mistral, généralement dans leurs versions gratuites. Mais ces outils ne remplacent pas les sources académiques traditionnelles. « On nous encourage à vérifier les informations et à utiliser les bases de données proposées par la bibliothèque d’emlyon. Cela permet d’aller plus loin et d’avoir des sources fiables », précise-t-elle.
Des projets qui intègrent l’intelligence artificielle
Au-delà des cours, l’IA s’intègre aussi directement dans les projets menés par les étudiants. « Pour les projets de groupe, nous constituons des équipes de 5 étudiants et leur demandons d’intégrer l’IA comme un sixième membre. Ils doivent ensuite justifier leurs choix : quelles technologies ont été utilisées, avec quel prompt pour quel résultat », précise Martine Ferry. L’équipe pédagogique cherche à en faire un outil de réflexion et d’expérimentation.
William Racle, étudiant en première année du Global BBA, a par exemple travaillé sur un projet de création d’intelligence artificielle destinée à accompagner les dirigeants d’entreprise dans certaines formalités administratives et juridiques. « Grâce aux cours de prompting, nous avons pu concevoir le projet. L’IA nous a aidé à chercher des informations ou à explorer des idées, mais le travail d’analyse est resté le nôtre. »
Ces apprentissages sont aussi essentiels pour gommer les inégalités. « La maîtrise de l’IA diverge selon les étudiants. Certains sont très à l’aise, d’autres la découvre. Dès la première année, ils convergent vers un usage concret et pertinent », souligne Martine Ferry.
Apprendre à garder un regard critique
Tout au long du programme, les étudiants développent des capacités d’analyse et de raisonnement stratégique, grâce à une utilisation transparente et réfléchie. Elle est d’ailleurs strictement encadrée : emlyon business school dispose d’un centre d’innovation pédagogique qui pilote le déploiement de l’innovation au sein des programmes. Une charte a été adoptée et des outils d’analyse scrutent chaque rendu pour garantir une part d’utilisation de l’IA inférieure à 30%.
L’année prochaine, la maitrise de l’IA sera intégrée à un cours plus large pour apprendre à décoder et rechercher l’information. Ce module sera l’occasion de revenir aux fondamentaux pour comprendre ce qu’est une information et savoir reconnaitre une « fake news ». Les étudiants participeront à la Fresque de l’information, un atelier qui sensibilise et met en action. Ainsi qu’à un serious game, imaginé par Vizion Academy, qui reconstitue la création d’un scénario et d’une bande annonce de film, alliant créativité « humaine » et « artificielle ». Un programme riche pour consolider les compétences clés des futurs managers.