Concilier parentalité et MBA : le parcours de Mun Ting à emlyon
Lorsque Mun Ting s’est installée à Lyon en juillet 2023 avec son époux et ses deux jeunes enfants, reprendre des études était loin d’être dans ses projets.
Mais le fait d’habiter à seulement 20 minutes d’emlyon business school a peu à peu ravivé une ambition ancienne.
« J’ai eu l’impression que c’était un signe », confie-t-elle. « J’ai finalement trouvé le courage de me lancer dans un MBA. »
De l’éducation aux startups… puis retour aux études
Mun Ting est née à Singapour et a grandi à Penang, en Malaisie. Après le lycée, elle a obtenu une bourse du gouvernement malaisien pour étudier l’éducation, avec une spécialisation en enseignement de l’anglais langue seconde. Une partie de son cursus l’a menée à Brisbane, en Australie, avant qu’elle ne retourne en Malaisie pour enseigner dans une école primaire chinoise.
En parallèle de ce poste, elle a obtenu un master en sciences de l’éducation. Après un bref déménagement à Sydney pour le travail de son conjoint, Mun Ting est revenue à Kuala Lumpur pour enseigner.
Au cours des deux années suivantes, elle s’est de plus en plus investie dans l’écosystème des startups de la capitale, ce qui l’a finalement poussée à quitter l’enseignement pour occuper un poste de program manager au sein du plus grand makerspace du pays.
« C’est là que j’ai trouvé ma passion », explique-t-elle. « Le travail était porté par des personnes profondément engagées pour la société et l’environnement. »
Les années suivantes ont été mouvementées pour Mun Ting. Elle a perdu son premier poste en raison d’une récession économique avant d’en décrocher un autre dans une organisation à but non lucratif axée sur le leadership dans les écoles publiques. C’est durant cette période que la pandémie de Covid-19 a éclaté, et qu’elle est tombée enceinte de son premier enfant.
« C’était l’une des périodes les plus inoubliables de ma vie », raconte-t-elle.
Mun Ting s’est ensuite mise en retrait du monde professionnel pour accompagner son père pendant son traitement contre le cancer, avant d’accueillir son deuxième enfant. Un an plus tard, la famille s’est installée en France, et l’idée d’un MBA est revenue sur le devant de la scène.
Pourquoi un MBA, et pourquoi emlyon ?
Pour Mun Ting, l’envie de poursuivre un MBA mûrissait depuis des années. Lorsqu’elle enseignait, elle avait exploré des opportunités au sein d’organisations internationales telles que les Nations Unies, mais constatait souvent que son parcours académique constituait un frein. Plus tard, dans les secteurs des startups et des ONG, elle a pris conscience de certaines lacunes dans ses connaissances en gestion.
« Je constatais souvent qu’il me manquait certaines bases en management, qui, selon moi, auraient pu me permettre d’aller plus loin », explique-t-elle.
Bien qu’elle ait envisagé un MBA plusieurs années auparavant, les options en Malaisie étaient limitées ; Lyon représentait une opportunité différente.
« Ce qui m’a particulièrement marquée chez emlyon, c’est le makers spirit », précise-t-elle. « Je suis très enthousiaste à l’idée d’évoluer dans l’écosystème des startups, donc cela m’a semblé être le bon choix. »
La culture de l’école a également joué un rôle déterminant. « L’inclusivité et la diversité m’ont donné confiance : je savais que je serais soutenue en tant que mère reprenant des études », ajoute-t-elle.
La vie au sein de l’IMBA
Aujourd’hui, les journées de semaine de Mun Ting sont minutieusement organisées. Elle se réveille vers 6 heures pour se préparer et préparer ses enfants, et la famille quitte la maison vers 8 heures. Après avoir déposé les enfants à l’école, elle se rend sur le campus pour étudier avant le début des cours.
Les cours se terminent généralement en début de soirée. Une fois rentrée, l’attention se tourne de nouveau vers la vie familiale : dîner, rituels du coucher et moments partagés avec les enfants. Les révisions reprennent plus tard dans la soirée, avant qu’elle n’éteigne ses appareils à 21h30 pour se coucher à 22 heures.
« Cette dernière demi-heure est importante », souligne-t-elle. « C’est le moment de faire le point avec mon conjoint et d’échanger sur notre journée. »
Ajuster ses attentes
L’un des plus grands défis de l’International MBA a été d’accepter ses limites. Se décrivant comme perfectionniste, Mun Ting reconnaît que la parentalité l’a obligée à redéfinir ce que signifie « faire de son mieux ».
« Il y a eu des semaines où c’était décourageant de ne pas pouvoir consacrer autant d’heures que mes camarades », confie-t-elle. « Mais j’ai compris que si j’essayais de faire la même chose, je finirais par m’épuiser. »
Avec le temps, elle a appris que progresser ne signifie pas la même chose pour tout le monde.
« Je suis dans une situation de vie différente des autres, et j’ai accepté ce que représente “mon mieux” à ce stade de ma vie. »
Elle a bénéficié d’un soutien constant, à la maison comme au sein de l’IMBA.
« Mes camarades sont incroyablement compréhensifs », explique-t-elle. « Si je ne peux participer à un appel qu’après 20 heures, ils s’adaptent. Ils prennent de mes nouvelles. Ce soutien compte énormément. »
Comment la parentalité façonne son expérience
Mun Ting estime que la parentalité a transformé sa manière d’aborder le travail en équipe et le leadership. Elle se sent plus confiante pour prendre la parole, plus empathique et plus décisive.
« En tant que parent, on ne s’attarde pas sur des détails mineurs », explique-t-elle. « On se concentre sur l’essentiel et on avance. »
Cet état d’esprit l’aide à anticiper les défis lors des projets de groupe et à planifier en amont.
Et après ?
À long terme, Mun Ting souhaite travailler au sein de l’écosystème des startups ou dans des organisations internationales engagées en faveur du développement durable et de l’impact social. À terme, elle prévoit de retourner en Malaisie pour contribuer à son développement grâce aux compétences acquises durant son MBA.
La plus grande leçon qu’elle retient de cette expérience ? Lâcher prise.
« Quand je lâche prise sur l’imperfection, je suis moins stressée et plus heureuse », conclut-elle. « C’est à ce moment-là que j’ai le sentiment de donner le meilleur de moi-même — en tant qu’étudiante et en tant que mère. »