Des centrales nucléaires

Le VNU, un nouveau cadre pour financer le nucléaire et libéraliser le marché

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À l’approche de la fin de l’ARENH au 1er janvier 2026, Opéra Energie a interrogé Xavier Blotprofesseur associé à emlyon business school, sur le Versement Nucléaire Universel (VNU), un mécanisme appelé à redéfinir l’équilibre entre financement du nucléaire, concurrence et protection du consommateur.

De l’ARENH au VNU : un changement de paradigme

Pensé comme un mécanisme transitoire, l’ARENH a permis de contenir les prix de l’électricité mais sans assurer le financement de long terme du parc nucléaire. Pour Xavier Blot, l’enjeu est avant tout structurel :

« Répond-t-on à un intérêt court-terme sur le pouvoir d’achat ou à un intérêt plutôt long-terme sur le financement de notre infrastructure électrique et nucléaire ? »

Le VNU marque ainsi un basculement vers un dispositif davantage orienté marché, visant à sécuriser l’investissement tout en maintenant un cadre concurrentiel.

Le VNU : libéralisation et capture des surprofits

Contrairement à l’ARENH, le VNU offre à EDF la liberté de commercialiser sa production sur les marchés de court et de long terme. En contrepartie, un mécanisme de taxation progressive des surprofits est instauré afin de redistribuer une partie de la valeur aux consommateurs.

« Le VNU s’inscrit dans une logique de libéralisation. L’idée est de caper les surprofits d’EDF et de les reverser au consommateur », souligne Xavier Blot.

Toutefois, dans les conditions de marché actuelles, la redistribution apparaît limitée, ce qui interroge la portée réellement protectrice du dispositif.

Complexité du mécanisme et incertitudes politiques

L’interview met en lumière les fragilités du VNU : absence de prix plancher, dépendance à de nombreux décrets et forte exposition aux arbitrages politiques.

« Tout ce que nous disons aujourd’hui peut être faux dans un mois », rappelle Xavier Blot, illustrant l’instabilité réglementaire et le manque de visibilité pour les acteurs du secteur.

Selon lui, le VNU est révélateur d’un déficit de gouvernance énergétique en France, dans un contexte d’absence de programmation claire à long terme.

Le MSc Management of Energy Transition d’emlyon business school

Dirigé par Xavier Blot et Thibaud Voïta, le MSc Management of Energy Transition d’emlyon business school forme des professionnels capables d’analyser et de piloter les transformations profondes des systèmes énergétiques. Le programme combine économie de l’énergie, régulation, finance, géopolitique et stratégies d’entreprise afin de préparer les étudiants à évoluer dans un environnement marqué par l’incertitude, la volatilité des marchés et les impératifs de transition bas carbone.

Les enjeux abordés dans cette interview : mécanismes de marché, arbitrages entre prix, investissement et régulation, rôle de l’État et des acteurs historiques sont au cœur des enseignements du programme dirigé par Xavier Blot et Thibaud Voïta. Le débat autour du VNU illustre parfaitement la complexité des choix à opérer pour concilier sécurité d’approvisionnement, soutenabilité économique et transition énergétique. L’analyse du VNU constitue ainsi un cas concret emblématique des problématiques traitées tout au long du MSc in Management of Energy Transitions