IFGE - Institut Français de Gouvernement des entreprises
L’IFGE est un des grands centres de recherche européen et un lieu unique de formation et de réflexion sur les sujets de gouvernance des entreprises. L’Institut diffuse ses résultats publiquement pour alimenter les débats citoyens.
En tant que centre de recherche d’une grande École, l’IFGE a pour ambition d’approfondir les connaissances sur le gouvernement des entreprises et de les mettre à la disposition du plus grand nombre. C’est pourquoi il est essentiel de favoriser l’échange d’idées et d’expériences par des rencontres entre chercheurs et acteurs de l’entreprise pour que leurs réflexions se fertilisent mutuellement.
Le gouvernement de nos entreprises ne peut être approprié par une seule partie-prenante sans tenir compte des autres.
C’est au contraire à partir de la diversité des opinions et des attentes que nous pouvons construire des solutions légitimes et efficaces pour bien gouverner les entreprises.
Laboratoire social
L’IFGE puise son originalité dans un échange continu d’idées et d’expériences entre chercheurs et acteurs de l’entreprise.
Vous voulez devenir partenaire ?
Nos partenaires nous accompagnent depuis la fondation de l’IFGE en 2003. C’est grâce à eux et avec eux que nous avons construit notre dynamique de recherche.
Si vous souhaitez contribuer à des réflexions de fond sur la gouvernance des entreprises et la place de l’entreprise dans la vie de la Cité, l’IFGE est aujourd’hui un centre de réflexion reconnu et unique.
Nos pôles
Le pôle Dirigeants et administrateurs étudie l’étendue des pouvoirs du dirigeant et leur contrôle par le conseil d’administration.
L’autonomie des dirigeants est indispensable pour orienter l’action de l’entreprise, mais son contrôle par les administrateurs est aussi nécessaire pour limiter les erreurs ou les dérives.
L’équilibre entre ces deux forces cadre le dynamisme entrepreneurial mais aussi les risques de « mal gouvernance » encourus par une entreprise.
Nos recherches
Les structures de gouvernement d’une entreprise sont déterminantes pour assurer la qualité des prises de décision et les marges de manœuvre entrepreneuriales du dirigeant.
L’ingénierie du gouvernement des entreprises s’est profondément renouvelée ces dernières années, du moins en apparence, avec le recours à des administrateurs indépendants, des structures duales et des comités divers.
Beaucoup de travaux académiques ont cherché un lien direct entre les structures de gouvernance et la performance.
Avec le recul, il semble que cette voie soit sans issue.
Il est impossible de prouver clairement que la forme du conseil d’administration, la participation d’administrateurs indépendants ou l’existence de comités accroissent les résultats de l’entreprise.
En revanche, d’autres pistes de recherche sont plus prometteuses pour éclairer les pratiques de gouvernance qui donnent à l’entreprise l’efficacité et la légitimité dont elle a besoin pour déployer son projet stratégique.
Quel impact des « bonnes pratiques » de gouvernance ?
En utilisant nos bases de données et le recul historique qu’elles permettent d’avoir désormais sur ces pratiques, nous pouvons vérifier les effets réels du respect des codes de bonne gouvernance et de la mise en place de formes déterminées de gouvernement d’entreprise, au-delà des affichages symboliques immédiats.
Nous avons développé un programme de vérification systématique de ces pratiques.
Nos tests portent sur l’existence ou non de comités de rémunération et de nomination, sur le choix des administrateurs ou sur la participation d’administrateurs salariés au conseil d’administration.
Les résultats doivent permettre de mieux définir les déterminants comportementaux et la professionnalisation des administrateurs.
Le pôle Actionnaires étudie les comportements des actionnaires et leurs effets sur les stratégies.
L’actionnariat peut être concentré ou dilué, familial ou public, national ou étranger.
Les types d’actionnaires, leurs attentes, mais aussi leur volonté de participer ou non au conseil et d’influencer le dirigeant, ont un impact décisif sur la politique de l’entreprise.
Il est important de prévoir, en particulier lorsque la structure du capital évolue, les conséquences sur la trajectoire économique et sociale de l’entreprise.
Nos recherches
L’impact de la structure de l’actionnariat sur le développement des entreprises a été l’objet d’études depuis plusieurs décennies.
La question principale était de savoir si le système fondé sur un capital très dilué (gouvernance dite anglo-saxonne) avait une performance supérieure à ceux fondés sur un capital concentré (systèmes rhénan ou latin, par exemple).
Avec les faillites spectaculaires de sociétés américaines considérées comme typiques du modèle anglo-saxon, ce type de recherche comparatiste a perdu de son importance.
La recherche cherche désormais à comprendre le lien entre la structure actionnariale et les trajectoires stratégiques des entreprises.
Nos travaux se développent dans trois directions.
Le rôle effectif de l’assemblée générale dans les entreprises cotées
Il s’agit de comprendre comment les actionnaires peuvent interférer sur la stratégie, s’ils en ont les moyens réels et, le cas échéant, comment ils opèrent.
Des résultats ont commencé à être publiés et sont poursuivis par une observation approfondie du fonctionnement des assemblées générales en France.
Le rôle de l’actionnariat salarié dans les grandes entreprises
La détention de capital par les salariés a-t-elle un effet sur les choix stratégiques ? Encourage-t-elle certains choix de long ou de court terme ?
La participation directe des salariés aux instances de gouvernement, comme le conseil d’administration, a-t-elle un effet positif ou négatif sur les choix stratégiques ?
La part importante de capital détenue par les salariés en France nous permet de disposer de données exceptionnelles sur ces questions.
Les entreprises patrimoniales
Quelles sont les caractéristiques des sociétés contrôlées par leurs dirigeants en termes de latitude entrepreneuriale ?
Ces derniers ont-ils plus de marge de manœuvre parce qu’ils contrôlent le capital ou, au contraire, moins de latitude du fait que ce capital est nécessairement limité ?
L’ouverture ou non du capital a-t-elle des effets sur la stratégie des entreprises, et lesquels ?
Nous travaillons d’une part sur une base de données unique de près de 300 petites entreprises françaises. D’autre part, nous développons des travaux spécifiques sur les entreprises qui pratiquent un LBO.
Le pôle Capital humain / Capital financier s’intéresse à la création de la valeur économique par le travail des salariés.
Le capital humain est aujourd’hui un élément déterminant dans la création de valeur de l’entreprise, et il devient indispensable de tenir compte de cette nouvelle donne économique et sociale.
La financiarisation de nos économies et de la gouvernance des entreprises a tendance à occulter cette réalité managériale et organisationnelle en considérant le capital humain comme une simple variable d’ajustement du calcul financier.
Thèmes de recherche
La notion de capital humain s’impose comme une nouvelle dimension à prendre en compte dans le gouvernement d’entreprise.
Il est conventionnellement défini comme l’ensemble des compétences et savoir-faire détenus par les individus et mobilisés par l’entreprise.
L’entreprise industrielle traditionnelle était pensée comme un lieu accumulant de la technologie, mais relativement indifférente aux compétences spécifiques des personnes qui y travaillaient.
Aujourd’hui, le capital humain est devenu essentiel, car une part considérable des activités de services dépend presque exclusivement des compétences des individus.
Plusieurs thèmes émergent de cette nouvelle donne managériale.
Propriété financière et dépendance au capital humain
Que traduit la propriété financière de l’entreprise lorsqu’une part importante de la valeur créée dépend du capital humain ?
L’« infidélité » des actionnaires, qui considèrent l’entreprise comme un simple lieu d’investissement, peut devenir incompatible avec la « fidélité » nécessaire des ressources humaines indispensables à la création de valeur.
Pour comprendre ces interactions, nos travaux de recherche établissent un lien entre l’évolution de l’actionnariat et l’identification des salariés à leur entreprise : les salariés restent-ils fidèles lorsque les actionnaires ne le sont pas ?
Développement et valorisation du capital humain par les salariés
Lorsque les salariés cherchent à développer leur capital humain, l’entreprise peut être un lieu de valorisation mais aussi de dévalorisation (perte de compétences, de réputation ou de réseau).
Pour éviter cette dévalorisation, les apporteurs de capital humain demandent des comptes à leurs dirigeants et agissent sur le gouvernement d’entreprise en leur faveur.
Nos travaux, essentiellement qualitatifs, portent sur l’évolution du gouvernement des entreprises mobilisant un capital humain fortement autonome (laboratoires de recherche, institutions financières, etc.), afin de comprendre comment ce capital humain participe à la gouvernance de l’entreprise et contribue à sa valorisation.
Fondements et avenir de la participation des salariés à la gouvernance
La participation des salariés à la gouvernance des entreprises est un thème de recherche historique de l’IFGE.
Il s’agit de comprendre comment les salariés sont intégrés dans des dispositifs de participation à la fois économiques et financiers, mais également via une implication directe dans les conseils d’administration ou de surveillance.
Cet enjeu est essentiel pour réguler les tensions entre capital financier et capital humain.
Le pôle Entreprise dans l’Anthropocène s’intéresse à la contribution de l’entreprise pour relever les grands défis sociétaux et environnementaux.
L’entreprise est bien plus qu’un lieu de production : elle est devenue la principale institution contemporaine.
Ses politiques d’investissement, de recherche ou d’emploi ont un impact sur la société tout entière ainsi que sur l’environnement naturel et le système Terre.
De la même façon, ses engagements pour la société, notamment dans le cadre de stratégies socialement responsables, ouvrent des pistes de réforme des comportements ou, au contraire, accentuent les difficultés.
La grande bascule dans l’Anthropocène accentue encore plus cette importance de l’entreprise pour atténuer les impacts sur le système Terre et prendre les trajectoires d’adaptation qui s’imposent.
Thèmes de recherche
Le gouvernement des entreprises n’est pas déconnecté de leurs environnements politiques, naturels et culturels.
Les règles et les lois qui s’imposent sont aussi la conséquence des mentalités et de l’évolution intellectuelle de nos sociétés vers plus de transparence, de contrôle du pouvoir et de démocratie. L’entreprise est, de ce fait, un espace politique où l’on gouverne des humains selon les règles de « bon gouvernement » que tolère la société à chaque période de son histoire.
L’exigence de responsabilité sociale et de raison d’être est une manière nouvelle de définir les droits et devoirs que la société et l’entreprise entretiennent mutuellement dans un monde capitaliste libéral.
Notre programme de recherche aborde trois domaines.
- Entreprise et démocratie
La société libérale moderne se fonde à la fois sur le pouvoir économique et politique de l’entrepreneur d’une part, et sur la technique de contrôle démocratique du pouvoir d’autre part.
Comment ces deux forces opposées s’équilibrent-elles pour former des systèmes de gouvernance efficaces, c’est-à-dire permettant à la fois suffisamment de latitude d’action à l’entrepreneur tout en assurant un contrôle destiné à limiter les risques éventuels liés à ses décisions ? Comment l’entreprise arrive-t-elle, en se développant, à influencer l’espace politique jusqu’à le saturer ?
- Anthropologie du capitalisme
Alors que de très nombreux travaux sont réalisés sur la finance islamique ou sur la place de la spiritualité dans l’entreprise, trop peu de recherches portent sur l’influence de l’anthropologie chrétienne sur le capitalisme et sur l’entreprise en particulier.
Or, comme Max Weber l’a montré, les liens sont extrêmement étroits et parfois en grande tension dès l’origine de l’économie moderne.
Un programme de recherche spécifique, interdisciplinaire et inter-universitaire, le GRACE, invite chercheurs et praticiens à approfondir la dimension analytique et critique portée par la doctrine sociale chrétienne.
- L’entreprise dans le contexte Anthropocène
En 2000, le prix Nobel de chimie Paul Crutzen publiait un article dans la revue Nature pour indiquer que nous étions sur le point de basculer dans une nouvelle phase géologique du système Terre. Il proposait de nommer cette nouvelle époque géologique l’Anthropocène.
Cette nouvelle époque géologique dans laquelle nous entrons va profondément bouleverser le fonctionnement du système Terre et les institutions de toutes les sociétés humaines.
Les entreprises sont au cœur de cette dynamique de transformation irréversible du système Terre. Elles sont à la fois à l’origine des transformations en émettant des gaz à effet de serre ou en détruisant la biodiversité. Elles doivent également se projeter dans un univers fondamentalement porteur de risques, d’incertitude mais également d’opportunités.
Cet axe de recherche étudie la capacité des entreprises à penser des projets stratégiques en phase avec le contexte si particulier de l’Anthropocène.
Rejoindre notre équipe de recherche
L’IFGE participe activement à la formation de chercheurs de haut niveau.
Si vous souhaitez mener une recherche doctorale sur le thème de la gouvernance des entreprises et sur nos différents axes de recherche, vous pouvez envoyer une lettre de motivation et un projet de recherche détaillé.
emlyon business school propose également un programme PhD et des bourses qui peuvent vous aider à financer votre recherche doctorale.